Cap Entreprise

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L'entreprise durable

Le Nord-Pas de Calais mise sur le développement durable

A l'aide des entreprises

Le développement durable est un secteur en plein essor. Dans la région du Grand Lille, la filière verte attire les chefs d'entreprises, qui peuvent se former auprès de la CCI ou être accompagnés par des...bénévoles. Cap-Entreprise vous livre le témoignage d'un patron qui y croit dur comme fer, d'un jeune ingénieur qui doit s'adapter et d'un formateur, qui met en garde.

eco-conceptionDes ambassadeurs du développement durable dans le Nord-Pas de Calais ! L'équipe des 23 mages verts a été créée l'an dernier à l'initiative du Cerdd (Centre ressource du développement durable). La mission de ces bénévoles : sensibiliser, gratuitement, les entreprises, les collectivités et les associations et les orienter dans leurs démarches. Les ambassadeurs ont suivi une formation spécifique et se sont engagé à assurer trois campagnes de sensibilisation et d'information par an, à travers la région Nord-Pas-de-Calais. Pour Magdalena Vanrenterghem, 28 ans, ce projet l'aidera à "créer une culture commune du développement durable auprès de partenaires certes intéressés, mais qu’il faut parfois encore convaincre et manquant surtout d’ingénierie (appropriation des démarches Agenda 21, Plans de déplacement..." Selon l'ambassadrice, "seule une sensibilisation en amont et au quotidien permet d’emporter l’adhésion des acteurs locaux et la mise en place de démarches de développement durable. Les élus, notamment, ont besoin d’être réunis régulièrement sur le sujet et d’être informés sur toutes les opportunités existantes (possibilités de financement et d’accompagnement par exemple)".

Les entreprises engagés dans une démarche de développement durable peuvent également faire appel à la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Grand Lille. La chambre consulaire a mis au point, avec l’appui du Conseil Régional et de la Drire Nord Pas de Calais, le programme « Entreprises et Développement Durable ». Il s'agit de fournir aux entreprises les informations utiles pour mesurer les enjeux et découvrir les bonnes pratiques, via des fiches d’information, une lettre mensuelle, des témoignages d’entreprises … Les participants au programme font des visites de terrain dans le cadre de la semaine nationale du développement durable et participent, évidemment, à la manifestation phare de la CCI : la JADDE, ou Journée Annuelle Entreprises et Développement Durable (voir le détail). "Les entreprises ne se posent plus la question pourquoi faire du développement durable, mais comment en faire. Elles veulent savoir comment s'engager dans le triangle d'or du développement durable, environnemental, mais également économique et sociétal, tout en restant en phase avec leur compétitivité", explique Didier Copin, manager du service environnement et développement durable à la CCI.
Preuve de la réalité de cet engouement : en novembre dernier, le World Forum de Lille avait pour thème "l'entreprise responsable", les précédentes éditions traitant de l'égalité des chances ou de la faim dans le monde. A l'occasion de cette manifestation, la convention a abouti à la rédaction et la signature d'un manifeste, que l'on peut lire ici.

Cela étant, malgré ces formations, ces congrès et ces déclarations de bonne volonté, nombreuses sont encore les entreprises qui surfent sur la vague verte, pour profiter de l'image positive qui y est rattachée, sans rien faire en ce sens : adeptes du "greenwashing", certaines d'entre elles prennent des libertés avec les critères de l'éco-conception. De jeunes ingénieurs, fraîchement diplômés, qui rêvaient de travailler dans le développement durable, doivent parfois déchanter. Julien Villa-Massone, embauché chez Vestas, qui fabrique des éoliennes, a dû s'adapter. "L'aspect business est le plus important, s'est-il aperçu. Pour changer le monde il faut être réaliste, en fait".
Pour éviter les abus du greenwashing, des certifications sont nécessaires.Les normes ISO sont des certificats spécifiques pour certaines phases de la production : les matériaux utilisés, les installations, mais aussi par exemple les conditions de production. Il est possible d’obtenir ces certifications en passant par des organismes spécialisés. "Nous avons confié à la société indépendante CODDE-Bureau Véritas la responsabilité de nos analyses de cycles de vie, selon des normes précises, qu’on appelle ISO 14040 et ISO 14044", témoigne ainsi Loïc Pollet, fondateur de l’entreprise lilloise Sébola, qui commercialise des vêtements écologiques.
En revanche, il est tout à fait possible de se lancer dans l’activité de consultant en développement durable sans certifications d’aucune sorte. "Malheureusement, ce n’est pas une activité réglementée. Pourtant dans les faits cela demande un niveau important. Une réglementation de la profession permettra de sécuriser le client et à éviter un engorgement très rapide du marché", déplore Christophe Cheroutre, qui exerce lui-même cette profession sur Lille.

Akian Decloitre


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