Cap Entreprise

Cap Entreprise
Chistophe Cheroutre

Christophe Cheroutre, consultant  projets et stratégies durables

Patience, passion et rigueur

Diplômé de l'Institut supérieur de l'agriculture de Lille, Christophe Cheroutre mène son entreprise en accord avec ses principes. Sans pour autant oublier les nécessités économiques. Décryptage.


Cap Entreprise : Comment devient-on consultant en développement durable ?

Christophe CHEROUTE : En ce qui me concerne, je suis titulaire d'une maîtrise d'écologie et d'un master de l'institut supérieur de l'agriculture de Lille, spécialité Environnement & Aménagement. J'ai créé mon entreprise en 2007, 4 mois après avoir été diplômé ingénieur.

CE :
Pourquoi avoir choisi ce secteur ? Par vocation ou pour les perspectives de rentabilité ?

CC : Pour plusieurs raisons  : le souhait d'être indépendant, une culture familiale de l'entreprenariat, le souhait d'aller au bout de ses rêves et
de créer un concept, un mode de fonctionnement fondé sur ma propre éthique professionnelle... Même si ce n'est pas le seul volet de ce secteur, l'origine de ce choix réside dans une passion : la nature. Depuis, tout jeune, l'ensemble de mes activités y est relié. J'avais d'abord pensé à la médecine, mais cela m'a vite passé !
La rentabilité ? L'une de raison pour laquelle en général on crée une entreprise, c'est également de gagner de l'argent même si ce n'est pas la raison première, notamment dans ce secteur qui est difficile, nouveau et de plus en plus concurrentiel. Ce n'est pas à mon sens, le meilleur secteur pour "faire de l'argent".

CE : Vos clients font-ils appel à vos services pour se mettre en conformité avec la loi
ou pour entrer
volontairement dans une démarche de developpement durable ?

CC : Je travaille  essentiellement pour les collectivités locales mais de plus en plus pour les entreprises de tous secteurs. En général, c'est pour une réelle démarche de développement durable, qui nécessite une aide à l'o
rganisation et la gestion de projet. Cela peut prendre une semaine, un ou six mois, voire un an ou plus… C’est très variable.

CE :  Quelles sont les principales difficultés rencontrées ?

CC : Je dois effectivement surmonter quelques difficultés, notamment les contraintes économiques, malgré une bonne croissance du secteur. je dois faire aussi avec des habitudes de fonctionnement pas toujours faciles à changer.
L’évaluation du déroulement du programme d’actions, qui est pourtant nécessaire, est parfois mal comprise. Cela demande de la patience, de la passion et de la rigueur. Parfois, cela génère des situations cocasses, lorsque j'emmène par exemple des personnes sur le terrain, qui n'ont pas l'habitude et pas les chaussures adaptées...

CE :  Quels sont les diplômes requis pour exercer cette activité ?


CC : Malheureusement, ce n’est pas une activité réglementée. Pourtant, dans les faits, cela demande un niveau important. Une réglementation de la profession permettra de sécuriser le client et à éviter un engorgement très rapide du marché.

CE :
Le secteur de l'écologie semble moins porteur...

CC : Pour ma part, je ne constate pas une perte de motivation. Mais un engagement sur des choses plus concrètes et plus efficaces. Pour exemple : mettre du photovoltaïque sur son toit, c’est un bon geste mais si la maison est mal isolée… C’est un peu comme mettre un moteur de Porsche sur une voiture qui ne tient pas la route…


Interview : Pierre Tassart
Mise en page : Akian Decloitre

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